jeudi 17 juillet 2014

Lichen et mousse, organismes millénaires

 
La mousse et le lichen sont des organismes qu’on retrouve souvent au même endroit mais, plusieurs personnes les confondent. Lorsqu’on les observe de plus près, il est pourtant facile de les différencier.

Le lichen est en fait une symbiose (une relation intime et durable entre deux espèces différentes) entre une algue et un champignon. Les lichens sont peu étudiés et on estime le nombre d’espèces à 20 000. Chaque espèce est une association entre différents champignons et algues. La partie champignon, appelée mycobionte, fournit le support et la protection, apporte les sels minéraux, procure une réserve d’humidité et facilite l’alimentation en gaz carbonique (CO2). La partie algue, appelée photobionte, fournit les nutriments résultants de la photosynthèse, soit les sucres et l’oxygène (O2). Les lichens peuvent avoir différentes morphologies, en fonction du substrat sur lequel ils croissent. Ils peuvent d’ailleurs être retrouvés dans presque tous les milieux, arbres, roche, sur le sol et même sur des bâtiments. Ils ont une croissance très lente et peuvent temporairement arrêter leur croissance si les conditions ne sont pas adéquates, pendant l’hiver ou lors d’une dessiccation (action de se dessécher) par exemple. Ils ont la capacité de résister à de fortes sécheresses et peuvent aussi se réhydrater, lorsque l’humidité revient.

Les mousses sont plutôt des plantes non vasculaires. Elles ne font pas de fleur et n’ont pas de racines véritables. Elles absorbent les nutriments et l’eau à travers leurs feuilles et produisent leur nourriture à l’aide de la photosynthèse. Les mousses ont besoin de milieux humides pour survivre, puisqu’elles n’ont pas de système de transport d’eau comme les plantes à fleur et que leurs feuilles ne sont pas imperméables à l’évaporation. De plus, la reproduction se fait à l’aide de l’eau, donc il est essentiel pour les mousses d’avoir un endroit humide, c’est pour cette raison qu’on les trouve souvent près des cours d’eau. Tout comme le lichen, la mousse peut pousser sur toutes sortes de substrats.

Beaucoup d’espèces de lichen sont pionnières, c’est-à-dire qu’elles ont la capacité de coloniser des milieux extrêmes, suite à un feu par exemple, pour être rapidement suivi des mousses. Ces deux organismes vont produire de la matière organique et permettre à d’autres espèces de s’établir. Les deux sont importants dans les écosystèmes à différents niveaux. Le lichen sert de nourriture pour quelques espèces animales comme le caribou. Certains peuples vont aussi manger du lichen, quoiqu’il faut s’assurer de manger le bon, puisque certaines espèces sont vénéneuses. On utilise aussi les lichens comme indicateurs de pollution, à des fins médicales, et aussi pour en faire des teintures et des parfums. Les mousses sont utilisées pour faire des toits verts et on récolte la sphaigne, une espèce de mousse, comme fertilisant.

Ces deux organismes, aussi petits qu’ils soient, ont une grande importance dans la biodiversité des milieux. Ils sont sur Terre depuis des millions d’années, le plus vieux fossile de lichen datant du Dévonien, soit il y 400 millions d’années. C’est donc la preuve que ce sont des organismes qui ont su s’adapter, et le feront encore dans les années à venir. 


 


Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’interprétation
Crédit photo : Stéphanie Bentz
Sources : Campbell, Neil A. Biologie. Éditions du Renouveau Pédagogique. 1995.

vendredi 20 juin 2014

Qui est arachnophobe ?

L’arachnophobie est une peur incontrôlable des araignées. Plusieurs personnes ressentent cette peur lorsqu’elles voient des tarentules. Mais la tarentule n’est pas vraiment l’araignée que l’on croit être. Ce que la plupart des gens appellent « tarentule » est en fait une mygale.

Les mygales sont des araignées faisant partie du sous-ordre des Mygalomorphes, un des trois sous-ordres d’araignée. Elles sont plus massives que les deux autres sous-ordres et ont des crochets qui ne se croisent pas. Les mygales utilisent leur venin pour paralyser leur proie et par la suite vont l’ingérer sous forme liquide. Le venin des mygales est puissant et entraine une paralysie chez les proies et une mort rapide. Par contre, très peu des mygales recensées sont dangereuses pour l’Homme. Quelques espèces ont un venin contenant des neurotoxines pouvant causer des réactions au niveau de la morsure. Certaines espèces peuvent provoquer des problèmes plus importants, voir même un coma. Et une seule espèce peut causer la mort, l’Atrax robustus, mais un anti-venin est disponible. En plus du venin, la morsure peut être très douloureuse, à cause de la longueur des chélicères, aussi appelés crocs. Les mygales se retrouvent principalement dans les régions tropicales et subtropicales, surtout dans les forêts profondes et humides. Elles sont aussi gardées par plusieurs personnes comme animal de compagnie.

Mais pourquoi si elles ne sont pas des tarentules, les appelle-t-on ainsi ? La réponse se trouve dans le nom anglais des mygales, tarantula. La plupart des francophones utilisent donc un anglicisme pour désigner cette araignée.

La vraie tarentule est une araignée loup, du sous-ordre Aranéomorphes, présente en Europe. Elle est aussi appelée Lycose de Tarente et on la retrouve autour de la Méditerranée, en Espagne, au Portugal, en Italie et dans les autres pays côtiers, sauf pour la France. Elle creuse un terrier duquel elle sort la nuit pour chasser. Elle peut mesurer jusqu’à trois centimètres alors que la plus grosse mygale peut mesurer jusqu’à trente centimètres de diamètre.

Le nom de tarentule lui vient de la ville de Tarente en Italie et on l’associait au tarentisme, une maladie que l’on croyait causer par la morsure de l’araignée et qui se soignait avec une danse nommée la tarentelle. Il a été prouvé que le venin de la tarentule est inoffensif pour l’Homme et qu’il tue seulement les insectes qui lui servent de nourriture.

Donc qu’elles soient grosses et poilues ou plus petites, les araignées fascinent et effraient. Mais, cette peur nous vient peut-être d’un manque de connaissance sur ces arthropodes qui nous rendent de grands services en mangeant de grandes quantités d’insectes nuisibles.



 

Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable à l’interprétation
Photo : Stéphanie Bentz (mygale)

jeudi 15 mai 2014

Voleur masqué


Qui n’a jamais vu un petit voleur masqué s’approcher des maisons en quête de nourriture? Le raton laveur est l’une des espèces les plus adaptables. On le retrouve dans les milieux naturels comme les forêts et les champs, mais aussi dans les villes. Il s’est très bien adapté à l’expansion urbaine.

Un des facteurs qui explique la présence accrue des ratons laveurs en ville est l’accès facile à la nourriture. Comme il est omnivore, il mange de tout et n’a donc pas de difficulté à se nourrir. Les poubelles sont accessibles et plusieurs personnes nourrissent les animaux sauvages, malgré les recommandations de ne pas le faire. Deux autres facteurs favorisent la venue des ratons laveurs dans les villes : l’abondance de gîtes favorables et l’absence de prédateurs naturels. Les seuls prédateurs possibles sont les chats et les chiens.

L’augmentation des populations apporte des modifications dans le comportement des ratons laveurs. En nature, ils sont nocturnes, alors que dans certaines villes, Montréal par exemple, ils sont actifs le jour, pour quémander auprès des Hommes qui les nourrissent. De plus, ils sont très intelligents et réussissent à ouvrir des contenants, des glissières, des portes et même des poubelles avec un mécanisme anti raton laveur. Cet apprentissage est transmis de générations en générations par le biais de l’enseignement des femelles aux petits.

Avec l’augmentation des populations viennent des problèmes. Les ratons laveurs sont de potentiels porteurs de maladies comme la rage et le distemper canin. Certaines de ces maladies sont transmissibles à l’Homme et aux animaux de compagnie. Les ratons laveurs peuvent aussi causer des dommages matériels, lorsqu’ils entrent dans les greniers par exemple. Finalement, lorsque les populations sont beaucoup plus importantes en milieu urbain que dans la nature, il y a des risques de perturber la biodiversité. Prenons  comme exemple le Mont Royal à Montréal, où la population est estimée à cent individus par kilomètre carré, par rapport à onze individus par kilomètre carré en moyenne en nature. D’ailleurs, une diminution des populations de salamandre à points bleus ainsi que des rassemblements de ratons laveurs autour des marais de reproduction ont été observés dans le parc du Mont Royal.

Afin d’éviter les problèmes, des programmes de vaccination sont en cours ainsi que des dispersions de vaccins oraux antirabiques sont effectuées. Il est aussi fortement recommandé de ne pas nourrir les animaux sauvages, de ne pas s’en approcher et de bien disposer de nos déchets afin d’éviter d’encourager la présence des ratons laveurs. Ils sont mignons les voleurs masqués, mais apportent leur lot de problèmes.
 
 
 




Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’interprétation
Sources : Denis Fournier, agent technique en aménagement de la faune, Direction des grands parcs et de la nature en ville, Division de la gestion des grands parcs de la ville de Montréal.

Photo : Stéphanie Bentz

 

vendredi 18 avril 2014

Lièvre ou lapin de Pâques?

 
Avec Pâques qui arrive à grand pas, nous voyons des lapins en chocolat apparaître partout. Par contre, lorsqu’on se promène dans les forêts québécoises, on peut voir des lapins mais aussi des lièvres. Mais lequel des deux avez-vous vu?

Les lapins et les lièvres font partie de l’ordre des lagomorphes. Longtemps considérés comme étant dans l’ordre des rongeurs, ils en ont été dissociés lorsque des chercheurs se sont rendus compte que les lapins et lièvres n’avaient pas une, mais deux paires d’incisives qui poussent constamment. Tout comme leur cousins rongeurs, les lagomorphes sont des herbivores se nourrissant de plantes, de bourgeons, de petites branches, de racines et d’écorce. Étant dans le bas de la chaîne alimentaire, ils sont la proie de plusieurs prédateurs. Ils ont une ouïe fine et un odorat bien développé qui leur permet de rester alerte. La plupart du temps, lorsqu’ils se sentent en danger, ils restent immobiles, à l’ombre d’un arbre, d’un arbuste ou d’une roche. 

Mais comment les différencier? Premièrement, il y a une question de localisation. Les lapins à queue blanche, seule espèce de lapin au Québec, se trouvent seulement au sud de la province. Pour ce qui est du lièvre d’Amérique, le plus commun des trois espèces de lièvres, on le trouve à la grandeur du Québec. 

Deuxièmement, les lièvres sont plus gros que les lapins, avec des pattes et des oreilles plus longues. D’ailleurs, le lièvre d’Amérique peut atteindre des vitesses de 45 km/h et faire des bonds de trois à cinq mètres de longueur alors que le lapin atteint des vitesses de 30 km/h. De plus, les lièvres d’Amérique changent de couleur au cours des saisons passant du brun gris en été au blanc en hiver. 

Les lapereaux, petits du lapin, naissent nus et les yeux fermés dans un terrier couvert d’herbe et de poils. Les levreaux, petits du lièvre, naissent dans une dépression du sol peu aménagée et ils sont couvert de poils et ont les yeux ouverts. Une chose, côté reproduction, qu’ils ont en commun est leur efficacité. En fait, les lièvres et les lapins peuvent avoir jusqu’à quatre portées de un à huit petits par année. 

Donc, la prochaine fois que vous irez en forêt, vous pourrez identifier cet animal aux grandes oreilles. Et si vous êtes dans une forêt gaspésienne, ne vous posez pas la question, il n’y a que des lièvres d’Amérique et donc pas de lapins de Pâques!

 

Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’interprétation
Source : Prescott, Jacques et Pierre Richard. Mammifères du Québec et de l’est du Canada. Waterloo : Éditions Michel Quintin, 2004. Imprimé.
Photo : Wikipedia Commons

jeudi 20 mars 2014

Chouette! Un hibou!

« La chouette est la femelle du hibou. » Cette croyance populaire est erronée. En fait, la chouette et le hibou sont deux espèces distinctes de la famille des Strigidés.

Les deux se ressemblent en plusieurs points. Ce sont des oiseaux nocturnes chassant principalement la nuit, mais parfois le jour, dépendant des espèces. Ils possèdent des plumes spéciales, totalement silencieuses, leur permettant une approche efficace lors de la chasse. Les petits mammifères sont leurs principales proies, ils peuvent compléter avec des oiseaux et des amphibiens. Leur bec est pointu et leurs serres puissantes. Fait intéressant, tout ce qui est indigeste pour ces oiseaux : les plumes, les os et les poils, est rejeté sous forme de boulette de régurgitation. D’ailleurs c’est un excellent signe de la présence de ces oiseaux.

Les sens les plus utilisés lors de la chasse sont la vue et l’ouïe. Ils ont de gros yeux qui sont fixes, mais ils peuvent tout de même regarder tout autour en tournant leur cou, et ce jusqu’à 270°. Pour ce qui est de l’ouïe, les chouettes et les hiboux ont des oreilles sans pavillons sous leur plumage et la plupart d’entre eux ont des disques faciaux pour amplifier les sons. Par contre, les aigrettes que l’on peut voir sur la tête des hiboux n’ont rien à voir avec les oreilles. En fait, ces aigrettes sont la seule façon de différencier chouette et hibou. Tous les hiboux en ont et aucune chouette n’en a.

En suivant cette logique, on comprend que le grand duc d’Amérique, comme ceux présents au Bioparc, est un hibou. Qu’en est-il du harfang des neiges? C’est une attrape! Le harfang est un hibou, ses aigrettes sont tout simplement cachées sous son plumage, quoique plus visibles chez les femelles et les juvéniles.


Chouette rayée

Grand duc d'Amérique

Harfang des neiges


Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’interprétation au Bioparc de la Gaspésie
Photos : Stéphanie Bentz
Source : UQROP

vendredi 14 février 2014

La St-Valentin et la saison des amours

La St-Valentin est la fête des amoureux. Mais tout comme cette coutume qui n’est pas fêté le même jour partout dans le monde, la saison des amours ne se passe pas en même temps pour tous les animaux.
 
On associe souvent le printemps avec la saison des amours; le temps se réchauffe, les journées se rallongent et plusieurs animaux sortent de l’hibernation ou reviennent de leur habitat d’hivernage. Nombreuses espèces profitent de cette période pour se reproduire. C’est le cas des passereaux comme le merle d’Amérique, le chardonneret jaune et le colibri à gorge rubis et aussi des grenouilles et crapauds qui chantent, chacun à quelques semaines d’intervalle, pour attirer les femelles. La naissance des petits à lieu, dans tous ces cas, durant l’été. D’autres espèces comme le loup gris, l’ours noir et l’orignal ont des cycles de reproduction différents.
Le loup gris est une espèce monogame, c’est-à-dire que la femelle choisi le mâle et que le couple reste uni à vie. Ils sont le couple alpha d’une meute et c’est le seul couple de cette meute qui peut se reproduire. La période de reproduction a lieu de janvier à avril et les petits naissent au printemps dans une tanière. Ils seront élevé par la meute, et plus tard y resteront ou la quitteront pour fonder leur propre meute.
L’ours noir, pour sa part, se reproduit en juin et juillet. L’automne est une période importante pour la femelle qui doit faire assez de réserve de graisse pour hiberner et mettre bas durant l’hiver. Les petits viennent au monde en janvier ou février, dans la tanière de la mère et se nourrissent de lait maternel jusqu’à leur sorti au printemps. Ils resteront avec la mère près de deux ans; elle va profiter de ce temps pour leur apprendre à trouver leur nourriture. Ils passeront généralement le premier hiver avec la mère dans une tanière et elle les chassera au moment de la reproduction l’été suivant.
La période de reproduction des orignaux est bien connue des chasseurs, puisque c’est à ce moment, en automne, que la chasse est ouverte. Les femelles, lorsqu’elles sont prêtes, brament pour attirer les mâles. Ils se reproduisent puis la femelle met bas au printemps suivant. Elle s’occupe seule de ses petits qui restent avec elle jusqu’à la naissance des nouveaux petits.
La raison pour ces différentes périodes de reproduction est une question d’évolution. Chaque espèce a évolué de façon à optimiser les chances de survis des petits. Par exemple, la naissance des louveteaux coïncide avec  la sortie d’hibernation de plusieurs petits mammifères. Il en est de même pour les oiseaux et grenouilles, chez qui la reproduction coïncide avec la sortie des graines et des insectes. Comme on peut voir, la nature est bien faite.
 
 
Auteure : Stéphanie Bentz, biologiste responsable de l’interprétation 
Référence : University of Michigan museum of zoology, pages consultées le 11 février 2014. [En ligne], URL : http://animaldiversity.ummz.umich.edu/
 

jeudi 23 janvier 2014

Hiberner ou hiverner?

En Gaspésie, comme dans le reste du Québec, les hivers sont longs et froids. Chaque espèce animale doit donc s’adapter et trouver une façon de passer au travers. Le principal problème en hiver n’est pas seulement le froid mais aussi le manque de nourriture. Certains animaux vont migrer, comme plusieurs oiseaux. D’autres vont se couvrir d’une fourrure épaisse comme les lynx et les couguars. Et finalement, les autres vont hiberner. Mais l’hibernation est un sujet qui fait pas mal jaser. Les scientifiques ont de la difficulté à s’entendre sur la définition de l’hibernation et ce depuis des dizaines d’années.

Dans le monde animal, on retrouve des espèces dites à sang froid et d’autres à sang-chaud. La différence entre les deux est la capacité de réguler la température interne peu importe la température externe. Les grenouilles, par exemple, sont des animaux à sang-froid et donc la température de leur corps varie en fonction de la température de leur environnement. En comparaison, l’Homme a une température constante d’environ 37°C et ce, qu’il fasse 35°C ou -25°C à l’extérieur.

Les animaux à sang-froid des régions froides sont obligés, durant l’hiver, de trouver une méthode pour survivre au froid qui les ferait mourir. Les scientifiques ne s’entendent pas pour dire s’il s’agit ici d’une vraie hibernation ou pas, mais du moins, les animaux à sang-froid tombent dans un état léthargique pour passer au travers des mois froids de l’hiver. Plusieurs amphibiens et reptiles s’enfoncent dans la boue au fond des mares; tout leur métabolisme ralentit, leur température diminue et se stabilise près du point de congélation. La respiration se fait par la peau et est de beaucoup diminuée.

Pour ce qui est des animaux à sang-chaud, bien que capable de réguler leur température, certains ont la tâche plus difficile, généralement à cause de leur grosseur mais aussi de l’alimentation. Plusieurs scientifiques distinguent les vrais hibernants des semi-hibernants. Les vrais hibernants auraient une diminution importante de température corporelle et un ralentissement marqué de leur métabolisme avec des battements de cœurs allant jusqu’à 1-2 par minutes. Ces vrais hibernants entreraient dans cet état de torpeur peu importe la température externe mais plutôt à un moment précis de l’année en fonction de leur horloge biologique. De ces vrais hibernant on compte la marmotte commune et la petite chauve-souris brune. Les semi-hibernants serait plus en état de dormance durant l’hiver. Donc leur métabolisme est ralenti mais beaucoup moins que les vrais hibernants, et leur température corporelle diminue seulement de quelques degrés. De plus, l’entrée en semi-hibernation serait plus une question de température, donc serait différente d’une année à l’autre. On pense ici à l’ours noir, au raton-laveur et à la moufette rayée. Ces animaux seraient aussi plus facilement réveillés durant l’hiver, soit par un dérangement ou par un réchauffement de la température extérieur. D’ailleurs, c’est pendant son « hibernation » que la femelle ours noir mets bas et elle se réveille à l’occasion pour s’occuper de ses petits.

Le concept de l’hibernation est donc un sujet qui est encore très controversé dans la communauté scientifique et les études continuent.


Auteure : Stéphanie Bentz
Référence : Kayser, C. 1961. The Physiology of Natural Hibernation. Pergamon, New York. Pages 21 à 50.
Photo : Bioparc de la Gaspésie